Nouvelle poésie déglinguée

Hier au soir

Hier au soir...

 

Hier au soir, à l’heure où noircissait la ville

Je restai là. Entends, je fuyais ta venue

Je stoppai au rond-point, pilai comme un débile

Je ne voulais plus te rejoindre par l’avenue

 

Je restai là, les oreilles vides et sans idée

Sans rien sentir dedans, sans subir aucun bruit

Accompagné, le dos raidi, les pieds nickelés

Gai, et la nuit me semblait  mieux qu’un jour gris

 

Je ne subissais plus  l’ordure noire de tes ondes

Ni tes poils au loin sur ton nez en chou-fleur

Et je rentrai donc pour  siroter une blonde

Dans un troquet d’ouvert,  sur la terre le bonheur.

 

Luc Fori

Demain, dès l'aube...

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo

Ajouter un commentaire
 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site