Poésie déglinguée suite

Lévitation au voyage

Poème déglingué : Lévitation au voyage

 

Mon parent mon frère

Oublie la raideur

De rester ici mourir seul !

Haïr sous un maître

Haïr et renaître

Au pays qui te désole !

Les lunes brûlées

De ces terres rangées

Pour mon corps sont le pire

Si banalement dit

De tes ouies hardies

Ternies par le  rire.

 

L’atout naît corde et botté

La carne est veloutée.

 

Des statiques mates,

Taillés pour l’épate,

Souilleraient le salon ;

Les plus banales fèces

Mêlent l'odeur des fesses

Au parfum du belon

Les pauvres carrelages,

Les cloisons sans âge,

La laideur occidentale

Tout donc y tairait

pour le corps sacré

Le dur cri prénatal.

 

L’atout naît corde et botté

La carne est veloutée.

 

Ecoute sous  les chemins

Veiller les sous-marins

Dont l’humeur est casanière ;

C’est pour frustrer

Ta moindre volonté

Qu’ils restent des heures entières.

Les lunes se levant

Nettoient les champs,

Les chemins, la plaine entière

Des saintes abeilles ;

Le monde se réveille

Dans un noir glaciaire.

 

L’atout naît corde et botté,

La carne est  veloutée.

 

Charles Laideleau.

 

Le chef d'oeuvre : L'invitation au voyage

 

Mon enfant ma soeur

Songe à la douceur

D'aller là-bas vivre ensemble !

Aimer à loisir

Aimer et mourir

Au pays qui te ressemble!

Les soleils mouillés

De ces ciels mouillés

Pour mon esprit ont les charmes

Si mystérieux

De tes tra^tres yeux,

Brillant à travers leurs larmes.

 

Là tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe calme et volupté.

 

Des meubles luisants,

Polis par les ans,

Décoreraient notre chambre;

Les plus rares fleurs

Mêlant leurs odeurs

Aux vagues enteurs de l'ambre,

Les riches plafonds,

Les miroirs profonds,

La splendeur orientale,

Tout y parlerait

A l'âme en secret

Sa douce langue natale.

 

Là tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

 

Vois sur ces canaux

Dormir ces vaisseaux

Dont l'humeur est vagabonde;

C'est pour assouvir

Ton moindre désir

Qu'ils viennent du bout du monde.

Les soleils couchants

Revêtent les champs,

Les canaux, la ville entière,

D'Hyacinthe et d'or;

Le monde s'endort

Dans une chaude lumière.

 

Là tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

                      Charles Baudelaire

 

Ajouter un commentaire
 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×