Poésies déglinguées

Heureux qui comme Hélice, comparez, ça décolle!

La version déglinguée

 Triste comme Pénélope restée sur le rivage

Ou comme cette truie là qui gardait la maison

Et puis qui est restée vide de rage sans raison

Noyer dans l’inconnu le reste de sa nage

 

Quand referai-je en Quad dans ce petit virage

Fumer lâches minets , et en quelle session

Rêverai-je l’écho de ma riche mission

Qui met une prothèse sur mon cou sans visage

 

Plus je hais le camping qu’ont détruit mes neveux

Que des galets normands l’affront aux essieux

Plus que la caravane je hais la toile fine

 

Plus mon noir matelas que le lit du cousin

Plus mon petit lit raide que la peau des catins

Et plus que l’air mutin ta douceur paraffine.

 

        Luc Fori

 

 Le chef d'oeuvre original

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné, plein d’usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

 

Quand reverrai-je , hélas ! de mon petit village

Fumer la cheminée, et  en quelle saison

Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,

Qui m’est une province et beaucoup davantage ?

 

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,

Que des palais romains le front audacieux :

Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine,

 

Plus mon Loire gaulois que le Tibre latin,

Plus mon petit Liré que le mont Palatin,

Et plus que l’air marin la douceur Angevine.

 

                                            Joachim Du Bellay

Commentaires (1)

1. CR 28/11/2014

Mais c'est qu'il y aurait de l'Oulipo dedans!

C.R.

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