Réécriture d'un extrait de "connexions" par des élèves

Deux élèves de 506 récrivent la scène

Asseyez-vous donc là quelques instants mon cher. Je suis dé-bor-dée, absolument dé-bor-dée, aujourd'hui et je n'ai que peu de temps à vous consacrer...

La visite de ce William a changé tous mes plans de l'après-midi.Je devais rendre visite à Cécile, ensuite aller chez mon coiffeur et puis me rendre au nouveau salon de thé du seizième avec Marie-France. J'espère qu'il ne va pas me retenir trop longtemps car sinon je vais devoir tout décommander et je ne serai pas coiffée pour l'inauguration de l'exposition des tableaux de Kumi Sugai. Je cherche à me débarrasser de ce malotrus et le voilà qui manque s'asseoir sur ma toute nouvelle acquisition: un set de table signé par le maître!

- Non, pas là, malheureux, vous avez failli m'abimer mon cadre!

Devant son regard étonné, je lui montre le tableau posé sur le canapé et cherche à tester sa culture:

- C'est un set de table du Fouquet's que j'ai fait encadrer. Regardez, il a été signé par Kumi Sugai!

Il fait la moue. J'ajoute:

- Kumi Sugai, le grand artiste japonais!

- Ah...C'est lui qui a fait ce dessin?

- Fait ce desinn? Mais non! ah!ah!ah! Que vous êtes drôle mon cher...Non, il a juste mis sa signature là, au bas du set de table, lors d'une fête au Fouquet's....Il a ajouté un Haïku...

- Un aië quoi?

-         Il n'y connait vraiment rien...Un vrai plouc. Comment peut-on être aussi inculte?

- Un haiku, vous savez bien mon cher, ces courts poèmes japonais, enfin! L'amie qui m'a vendu cette pièce unique m'a dit que c'était pour clore une soirée bien arrosée et que cela signifiait : "rosée du matin, jour noir-rosée du soir, nuit blanche!" Magnifique n'est-ce pâs.

Il s'approche et observe le set en grommelant: le rosé...non le soir ça va bien... Quel cuistre!

Océane Simion-Marine Renaud

 

      Asseyez-vous donc là quelques instants mon cher. Je suis dé-bor-dée, absolument dé-bor-dée aujourd’hui et je n’ai que peu de temps à vous consacrer…

   Elle a dit « consâcrer » en fait, et la fin du mot semble vouloir s’envoler pour se percher quelque part dans la pièce au dessus de nos têtes. Madame Pingrin n’est pas vraiment jolie, elle ressemble à une caricature d’elle-même, brune aux lèvres et aux cuisses trop épaisses malgré le bridge, la gym et les liposuccions, elle me fait penser à la « Mistyc » du journal de Mickey, snob et vulgaire à la fois. Elle a dû être piquante dans son printemps, mais avec le temps son charme s’est émoussé et ses efforts pour rester belle ne font plus monter que des sourires. Ses vêtements font jeunes et décontract, mais ils sont signés par les plus grandes enseignes et une seule de ses tongs « griffées »  pourrait servir à faire bouffer tous les clodos de Paris.

-         Non, pas là malheureux, vous avez failli m’abimer mon câdre !

 Devant mon regard étonné elle soulève un petit tableau qui était posé sur le canapé et m’explique en me montrant du doigt un gribouillis minuscule :

-         C’est un set de table du Fouquet’s que j’ai fait encadré. Regardez, il a été signé par Kumi Sugai !

Elle ajoute devant mon manque d’enthousiasme :

-         Kumi Sugai, le grand artiste japonais !

-         Ah…C’est lui qui a fait ce dessin ?

-         Fait ce dessin? Mais non ….Ha , ha , ha, que vous êtes drôle mon cher…Non, il a juste mis sa signature là, au bas du set de table lors d’une fête au Fouquet’s…Il a  ajouté un Haïku…

-         Un haï quoi ?

-         Un haïku, mon savez bien mon cher, ces courts poèmes japonais, enfin ! L’amie qui m’ a vendu cette pièce unique m’a dit que c’était pour clore une soirée bien arrosée et que cela signifiait : rosé du matin, jour noir-rosé du soir nuit blanche ! Mâgnifique n’est-ce pâs ?

  Je m’approche et observe sur le papier entre deux taches de vin un vague gribouillage du genre de ceux qu’on fait quand on veut faire revenir l’encre dans un stylo-plume à sec. Ça ne ressemble que très vaguement à des idéogrammes et j ‘ai plutôt l’impression que ça veut dire « Parle à mon cul ma tête est malade ! » Je préfère garder cette exégèse pour moi car elle reprend :

-         Ce câdre vaut maintenant au bas mot quatre à cinq mille euros, nous l’avons acheté une misère peu de temps avant sa mort …Deux mille euros …J’étais en train de faire faire la poussière sur ma collection à Hidaya, ma bonne comorienne. Extrait de Connexions tragiques.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×