Une fable de Jean du Lavabo

L'appeau du phoque

L’appeau du phoque

 

 

De toutes les créatures qui hantent cette terre

Le plus dominateur à coup sur délétère

S’appelle Homo sapiens, il ne pense qu’à sa panse

Rien ne doit résister, sans compter il dépense

Sa force, son énergie et son intelligence

A mater sans pitié toutes les autres engeances :

Alfred voulait tuer gaiement des phoques

Pour les manger et pour en faire des frocs

Il décima ainsi quelques grandes colonies

A grands coups de bâtons, au canon, au fusil

Mais le massacre coûtait cher

Alfred n’aimait pas que la chair

Il adorait aussi le beurre

Et puis surtout avec,  l’argent du beurre !

Il chercha  donc une bonne solution

Pour zigouiller sans plomber l’addition.

Devenu maître en l’art de tromper la nature

Il travailla durement pour trouver forfaiture.

La bonne solution lui sembla un appeau :

Copier le cri du phoque pour mieux lui faire la peau !

Des essais infructueux le rendirent malheureux :

Il attira des mouettes, des chacals, un émeu.

Mais les phoques restaient sourds à l ‘appel de l’appeau.

Alfred reprit l’effort au fond d’un entrepôt

Et décrypta bientôt l’appel du phoque en rut

On reprit donc la route pour un essai tout brut :

Alfred sur la banquise se mit à souffler fort,

Ça marchait, c’était sûr, il était un cador !

Il se voyait déjà riche comme l’Eldorado

Quand il sentit le souffle du bestiau dans son dos :

Il avait réussi et il le sentit fort

Quand le gros ours blanc le croqua sans effort !

 

 

                                                     Jean du Lavabo

 

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